le poing tendu /rien que tes yeux

Le poing tendu

Le temps pourrit autour de nous, qui es-tu pour me le reprocher ?
Si tu savais
Le poing tendu comme au réveil et raide tellement raide
Les questions ne se reposent pas
Épuisées les routes
Épuisés les mots
De mauvais débordements nous déplacent de terre en peur
La chaleur repousse
Les ombres perdent visage
Nous nous tenons silencieux
Leurs sourires en tas tels les prénoms des jeunes filles oubliées

***

Les rêves tranquilles de chaque innocence la baignent de lumière à toute heure
Un plaisir du fond des lèvres
Avec toi, il m’est redevenu possible de tenir mes promesses
Mes actes puérils
Penser à toi et fumer ta dernière clope – elle est cassée
Comme une lettre un peu, sur ce que je deviens avec toi
Sur le reste aussi
Ça se dit encore lettre d’amour ?
Je t’aime 24 heures sur 24
Ce n’est pas assez, fais un effort

***

Morne plaine
Plus la moindre trace des combats ancestraux
Tous ces héros dérisoires

**

Je me suis taillé les veines un soir de mai avant de nettoyer la baignoire. Ensuite Clarisse m’a appelé. Je souriais mal au début. On a discuté deux heures, on a promis de se revoir. Il y a des fois où je ne comprends pas bien où je veux en venir.

***

Envie de ton corps
Mais couché sur le sable
Tout va bien
Elle a pu se perdre
On a pu l’emmener
J’attendrai

*

Fist

 

Rien que tes yeux

Rien que tes yeux
Les crever
Les lécher jusqu’au lendemain
Je te cherche
Je t’envole
Personne ne saura nous suivre
Embrasse-moi

***

Dompte la fatigue
Si cela t’amuse
Si tu le juges d’importance
Sans doute je me suis évadé
Le soleil n’est plus triste à la tombée
Et les fous par milliers brisent les chaînes
Violent ton épouse
L’homme en robe me soustrait
Pas de nom sur ma croix
Pas de fleurs sur ma tombe

***

La fuite à jamais et pas un mot plus haut que l’autre
Ce n’est ni le lieu ni l’heure
L’indifférence emporte la partie
Tu ne mérites même pas une larme

***

Quand on n’en peut plus de vouloir assumer, le corps vous claque entre les doigts et la bouillie crâne. Cette fille m’a tout pris sauf le goût de la perte.

***

Comme un visage bleu et chassons les grisailles
Tu m’aimes depuis que je n’existe plus dans ta vie
Ce n’est pas possible
Il faudra chercher
Creuser encore
Enveloppés de chaleur
Nous saurons trouver une issue

***

Si tu ne reçois rien, s’il te plaît, cherche ailleurs

1992-1995, Orléans et Paris (à quelques kilomètres)

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