#NiPatrieNiPatron, épisode 3

C’est rigolo comme c’est retombé l’appel à lutter contre le fascisme, les textes indignés sur facebook t’expliquant qu’il faut faire barrage à l’extrême-droite là tout de suite maintenant en allant déposer un petit bulletin Macron dans l’urne, que la démocratie est en danger et qu’il faut convaincre tout le monde, tes ami.e.s, tes amant.e.s, tes voisin.e.s, ton boulanger, la caissière du Casino, tes parents, tes enfants, tout le monde doit se mobiliser et sauver la patrie des droits de l’homme (oui, il est encore des personnes pour employer cette expression aujourd’hui), et c’est retombé d’un coup. On est sauvé je pense. C’est super. On a un nouveau chef, il est plus jeune que les précédents, souriant, il a du fric, il va réussir c’est évident, vaincre le chômage, la bête immonde et les aléas climatiques avec ses dents blanches et ses jolis costumes. Le néolibéralisme a gagné, le fascisme ne peut que se renforcer.

Et c’est retombé aussi cette espèce d’effervescence, le côté feuilleton assez jouissif quand même : Valls, dégagé, Fillon, dégagé, le PS ? poubelle ! Mais là, franchement, faut être motivé pour s’intéresser encore au truc non ? Je veux dire, Dieudonné vs Valls en Essonne, le grand chef autoproclamé insoumis à Marseille, la Maréchal qui se retire de la vie politique, le cv plus ou moins dégueulasse des ministres, ça intéresse qui ? Je sais, il y a des gens qui en causent mais bon. Dans le métro, ça a recommencé à jouer tranquillement à Candy crush le casque sur les oreilles et je n’ai toujours pas lu le Canard enchaîné de la semaine. Le seul truc qui m’excite un peu à la limite, c’est El Khomri investie par en marche (je sais, je n’ai pas mis les majuscules) dans le 18e et j’espère vraiment qu’elle va se faire pourrir sa campagne comme jamais. Pareil pour Valls. Les PS sont et ont toujours été les pires ennemi.e.s des classes populaires.

Une salle d’attente dans le 11e, tout près de République, j’ai fini Vernon Subutex 2, je prends le Paris-Match, j’en soupire déjà et feuillette les pages consacrées à la victoire de l’autre et je marmonne connard toutes les trois secondes et je lis l’inévitable comparaison avec Kennedy – ils l’avaient déjà sorti pour Sarko celle-là si je me rappelle bien – et je souris, s’il pouvait à Dallas rapidement celui-là…

Et sinon quoi ? La série de 12 vidéos Extension politique où Pascal Bouaziz commente les 12 traductions effectuées pour le dernier album de Mendelson, Sciences Politiques, Ici d’ailleurs, album sorti le 31 mars 2017. Ce que j’ai entendu de plus pertinent ces derniers temps où j’ai quand même dit et entendu beaucoup de bêtises. J’en ai écrites aussi. Mais ça devrait s’arrêter. Écrire de la merde sur de la merde – l’insupportable arrogance des politiques professionnel.le.s qui ont besoin de nous beaucoup plus que nous n’avons besoin d’eux – est un peu rigolo mais bon, c’est rigolo cinq minutes.

Paris, mai 2017

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