Fauve≠

Mars 2014

Je n’ai pas écouté l’album, pas encore, – je viens de récupérer des compil’ de rap australien*, j’ai des priorités – , je n’irai pas les voir en concert – ça doit suer l’adulation à peine pubère, ça risquerait de m’énerver, et puis c’est impossible d’avoir des places sur Paris -, une chanson sur deux m’agace mais tout de même, la claque, il y avait quelques années que je n’avais pas ressenti ce frisson, cette urgence, les chansons en boucle et les paroles qui s’imposent en deux écoutes à peine. L’impression que ce texte (Kané, Blizzard), c’est ma vie qui défile mieux que je ne saurais l’écrire. Je connais ce qu’ils racontent. Je le connais par cœur. Comme dans Un monde sans pitié. « Qu’est-ce qu’ils nous ont laissé putain ? On n’a plus qu’à être amoureux comme des cons ». Comme Sixteen again des Buzzcocks, Aujourd’hui maintenant d’Expérience ou Entre deux feux de Programme.

Mais c’est dommage quand même, ces facilités, ce manque d’application, utiliser « célibattantes » dans un texte (Saint Anne), ça devrait être interdit, on croirait du Michel Sardou. Célibattantes…

Nous étions à Dourdan Marion, Matthieu et moi, un samedi soir en septembre dernier, il faisait bon et j’avais des bières en stock, nous parlions le lendemain matin – colloque – mais rien à foutre, écouter Fauve≠, siroter sa bière, parler de ses projets et de pornographie, se rappeler avant, puis finir par lâcher prise et regarder le ciel, ce soir je crois, je suis heureux et c’est en partie à vous que je le dois.

Mai 2014

J’ai depuis écouté l’album, je ne les ai toujours pas vu en concert et ce n’est pas prévu. Pas grand-chose à ajouter mais surprendre est plus difficile la deuxième fois. L’impression générale demeure : un talent et une sensibilité énormes et en parallèle des tics d’écriture, des facilités, une absence de tri – si c’est sincère c’est le principal semble être la ligne de conduite dominante mais la sincérité n’est pas une valeur musicalement recevable. Et c’est rageant des fois. De ceux est une chanson presque parfaite – nous contre les autres, air connu mais ça fait toujours du bien – quand déboule ces deux phrases : « Nous sommes de ceux qui pissent encore sous la douche / Mais qui espèrent un jour réussir à pisser droit ». Pourquoi pas en effet ? Mais je retourne écouter Une vie.


Programme – Une vie par unjour_peutetre
 

* Golden Era Mixtape 2011, 2012 et 2013. Excellents.

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