Archives du mot-clé 2018

Arnaud Michniak, 2018, L’autre jeu

Il n’y est pour rien, tout est question de circonstances. Des vacances comme chaque printemps un peu vides sur la côte d’azur où je tourne en rond, entre jeux en ligne et l’entretien du jardin et le fils qui dort tard tous les matins, moi je ne peux pas, moi je suis crevé et me réveille à 7 heures sans pouvoir me rendormir alors je me traîne hors de la chambre puis toute la journée, enchaînant cigarette sur cigarette, un café après l’autre. Je suis en vacances alors je ne travaille pas. Ça m’occuperait mais je ne travaille pas. Continuer la lecture de Arnaud Michniak, 2018, L’autre jeu 

carnet de Bure, 4 (aujourd’hui, maintenant)

Dire qu’il faut écrire à l’imparfait maintenant. C’était un endroit magique le bois Lejuc. J’y ai passé quelques semaines qui comptent parmi les plus intenses de ma vie. À mal manger, à très mal dormir, à avoir peur, souvent. À m’ennuyer. À m’agacer pour rien. À ramasser du bois. À entretenir le feu et à éplucher des légumes. À me réveiller chaque nuit, j’ai cru entendre un bruit de pas, un bruit de moteur, je me redresse, au pire m’habille pour surveiller le chemin depuis vigie sud car on le sait, les gendarmes peuvent intervenir à tout moment, on se prépare au pire. C’était épuisant la vie en forêt. J’en revenais sale, lessivé et pourtant, je restais une ou deux semaines, jamais plus, j’étais un touriste. C’était crevant. Cela en valait la peine.

Se réveiller à l’aube aux Karen et voir le soleil découper la silhouette des arbres puis la brume tombe et recouvre la lisière et les sentiers. Je suis vivant comme je l’ai rarement été. C’est fini. C’est nul.

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Enfance sauvage, 2018, Ma jambe

« Je regardais ma jambe, elle pourrissait comme une pomme [..] je n’ai pas su quoi faire ». À quoi ça tient l’amour qu’on porte à un groupe ? car c’est bien d’amour qu’il s’agit. Ça faisait plus de vingt ans que je n’avais pas écouté un album le jour de sa sortie (PJ Harvey ? Noir Désir ?…) et quand Marianka, « basse saturée » selon les crédits de pochette, a envoyé un mail pour signaler la sortie de Nos paupières racornies, nos cheveux, je me suis précipité sur bandcamp et je l’ai écouté une, deux, trois fois d’affilée. Et depuis, il est plusieurs moments dans la journée où je chante Train fantôme : « c’est là que j’aime être, c’est là que j’veux être ».

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