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Sur zone, Bure (2017-2018) – 1

Il n’est pas impossible que je parvienne un jour à boucler cette espèce de roman commencé il y a plus d’un an. Ce qui suit est une version provisoire de l’ « introduction ». À suivre, peut-être. Mais si je termine ce truc, malgré la fatigue et la paresse, j’essayerai d’en diffuser une version papier – je n’aime pas les écrans, je n’aime pas lire sur écran, ce blog est une contradiction en actes et lorsque j’assume moins bien mes contradictions que d’habitude, ce blog reste inactif un plus longtemps qu’accoutumé. Bonne lecture et, comme certaines le disaient au bois Lejuc, acabisous…

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carnet de Bure, 1

Je remontais vers le bois Lejuc en compagnie d’un jeune couple arrivé en stop de Berlin* et dont c’était la première venue en terre meusienne* et le jeune homme m’a demandé en anglais qu’elle était la force du mouvement anti-nucléaire en France et j’ai improvisé une réponse approximative dans la mesure où, en vrai, je n’en sais à peu près rien. Je sais ce qui se passe à Bure depuis l’été 2016 et je sais pourquoi je suis ici en août 2017, ce n’est pas si mal. Et j’ai pensé à Bruno*, un pote d’une assemblée de quartier dans le nord-est parisien* qui, un an plus tôt, me disait que la loi travail, il s’en foutait complètement. Que Nuit debout, le cortège de tête, les assemblées et collectifs de quartier, ça allait bien au-delà de la loi travail, que cette loi n’était qu’un prétexte pour lutter en créant et en densifiant des réseaux de résistance locaux. De fait, si je suis à Bure avec ces jeunes venus de Berlin*, c’est grâce à Nuit debout. J’y ai retrouvé le goût de la lutte, j’ai repris le chemin des manifs et découvert la joie et la rage du cortège de tête. Je me suis investi dans des assemblées de quartier et dans l’une d’elles, j’ai rencontré Jean-Pierre. Et c’est en partie grâce à lui que je suis – enfin – allé à Notre-Dame-des-Landes. Et à Bure.

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La métropole, la campagne…

Paris et sa petite couronne sont bien confortables. Où voir un concert d’Emma Pils ou des Dead Boobs ? Où participer à une manif sauvage où banques et agences immobilières sont saccagées ? Où bloquer un carrefour pour un foot’sbeul de rue ?… La métropole permet de consommer de la rébellion de façon quasi quotidienne. Mais cette rébellion amusante, hélas, ne permet pas de construire un modèle social alternatif. Nous y sommes filmé.e.s et repéré.e.s en permanence. Nous y sommes exposé.e.s aux violences sociales et policières, à la publicité en permanence. C’est beau crier Paris debout, soulève-toi ! avant d’esquiver canon à eau et lacrymos mais le lendemain, le réveil sonne, je vais au pain en automate, réveille le gamin pour l’école et l’embrasse, bonne journée mon cœur, je prends le métro, je vais bosser, et n’ose pas déchirer la moindre pub. Paris debout, tu parles. Partir ailleurs et créer les ZAD*/ZAT** partout où c’est encore possible. On en parlait avec ma femme la semaine dernière, avec S et son copain il y a deux jours, partir. Quitter la métropole. Quitter le confort pour aller construire ailleurs et autrement. Un modèle différent. Une contre société. En marge pour de bon. Le petit sera majeur dans cinq ans et là, nous aviserons.

Paris, août 2016

*ZAD : zone d’aménagement différée devenue zone à défendre
** ZAT : zone d’autonomie temporaire, concept proposé par Hakim Bey en 1991 (traduction en français en 1997, éditions de l’éclat).