Mon dragon, Karassu Tengu No Kodomo, 2006

souvent fuir le sensible pour ne pas s’y perdre
prétendre
jouer
les rôles ont la peau dure
agir de même
boire pour tenir le coup
boire
fumer

j’avais promis au gamin d’arrêter alors je fume en cachette
comme quand j’avais quatorze ans
c’est ridicule
la peur revient chaque nuit
la peur revient chaque matin
la peur n’est jamais très loin et je ne le montre pas et je n’en parle pas et j’écoute une fois encore La salle de jeux et la peur de Programme, 2000, Lithium

un train de plus
un aller retour Paris Rouen encore
ras-le-bol (euphémisme)

le portable
le casque
j’écoute de la musique à la maison lorsque je suis seul et lorsque je repasse
j’écoute de la musique dans le train
pas de smartphone
pas de mp3
je n’écoute pas assez de musique

Mon dragon
2006
Karassu Tengu No Kodomo
je ne sais pas ce que ça veut dire – je n’ai pas cherché
je ne sais presque rien de ce groupe
illes étaient de Lyon
illes n’ont sorti qu’un album qui, avec celui d’Enfance sauvage, est l’un des classiques discrets du punk
à Konstroy* l’autre dimanche, une femme indiquait que la chanteuse avait continué dans un autre groupe et j’ai oublié le nom – je n’ai pas cherché non plus

un univers par morceau
sombre
brutal
et souvent la musique l’est aussi mais pas toujours et quand arrive vers la fin L’interlude des enfants perdus, une ballade à la guitare acoustique semblant enregistrée avec un magnétophone à piles fatigué tard la nuit, et qu’un homme fredonne plus qu’il ne chante « y’a personne que t’entend plus, y’a personne qui t’écoute plus […] à l’école je rentre dans le rang, et quand ils me violent, j’serre les dents », j’ai autant envie de boire que de pleurer ou de me battre. Le plus souvent, je me contente de regarder cette saloperie de capitale se rapprocher par la fenêtre – Mon dragon est l’un de mes compagnons ferroviaires favoris.

et j’emmerde les étiquettes car oui les textes sont anti-autoritaires, anti-normatifs, féministes mais ce sont des étiquettes qui ne rendent pas justice à l’énergie qui traverse l’album de bout en bout
ce ne sont pas des tracts comme les pénibles textes des Bérus après Nada ou les titres un morceau = une thèse d’Assassin
ce sont des textes habités et une musique qui l’est tout autant

merci Mon dragon
Paris-Rouen Rouen-Paris je n’en peux plus mais vous êtes là alors ça va
ça passe

Rouen – Paris, 9 novembre 2017 et Paris le 18 novembre

*Indispensable émission hebdomadaire consacrée au punk – http://konstroy.net/

2 réflexions au sujet de « Mon dragon, Karassu Tengu No Kodomo, 2006 »

  1. J’en ai connu qui ont fait Paris New-York, New-York Paris mais c’était en un autre temps.
    Le groupe dont tu ne te souviens plus du noms est surement Missratched

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