Archives de catégorie : 2010 et après

poèmes récents

de la mort

Rappel : le « je » de ces textes, ce n’est pas moi ; c’est parfois moi en pire ou en exagéré, rien de plus – merci.

Je compte bien vivre encore un peu. J’ai des envies, de projets. Des lieux où me rendre et des personnes avec qui refaire le monde jusque tôt le matin. Des forêts et des rivages où me perdre. Tous ces livres à lire et à relire. Apprendre quelques poèmes, écrire d’autres textes. Oui j’ai encore de quoi faire. Et il y a le gamin bien sûr. Même si j’ai déjà plusieurs fois essayé de lui expliquer que je lui avais transmis tout ce que j’avais à lui transmettre, j’ai envie de le voir grandir, devenir un homme, j’ai hâte de le voir se casser la gueule et se relever. Il y a du boulot encore, ce n’est pas fini.

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Les samedis en jaune – 1

C’était génial les premières semaines. J’attendais ça depuis longtemps. Ce parfum d’insurrection dans les rues. Ces colères multiples qui débordent et envahissent les prétendus beaux quartiers, jamais je ne me suis autant promené dans ces arrondissements là. Enfin détruire. Détruire le rituel absurde et inutile des manifestations syndicales déjà, avec ou sans cortège de tête. Pas de parcours, pas de déclaration en préfecture, pas de service d’ordre, pas de mégaphone et même pas de slogans. La Marseillaise souvent mais rien de plus. Les slogans mettront du temps à venir et seront ensuite répétés en boucle par un nombre de plus en plus réduit de personnes, « Emmanuel Macron, la tête de con, on vient te chercher chez toi » et autres « On est là, on est là, même si Macron veut pas nous on est là » et la question braillée « Gilets jaunes, quel est votre métier ? » avant que de répondre « Ahou, ahou, ahou ». Détruire un rituel puis en créer de nouveaux…

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Sur zone, Bure (2017-2018) – 1

Il n’est pas impossible que je parvienne un jour à boucler cette espèce de roman commencé il y a plus d’un an. Ce qui suit est une version provisoire de l’ « introduction ». À suivre, peut-être. Mais si je termine ce truc, malgré la fatigue et la paresse, j’essayerai d’en diffuser une version papier – je n’aime pas les écrans, je n’aime pas lire sur écran, ce blog est une contradiction en actes et lorsque j’assume moins bien mes contradictions que d’habitude, ce blog reste inactif un plus longtemps qu’accoutumé. Bonne lecture et, comme certaines le disaient au bois Lejuc, acabisous…

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En attente

Ils sont là, à portée de main. Lorsque je parviens à freiner un peu, lorsque je me repose sans musique et sans livre, je sais qu’ils sont là, en position d’attente. Il y a eu Adulte hôtel. J’avais pris un mois pour tout cracher puis des mois à revenir dessus, page après page. Je le portais depuis longtemps. Des années. Je ne l’ai jamais relu, je ne sais pas ce que ça vaut comme on dit, et je ne parviens pas à m’en moquer tout à fait. Un roman. Écrire un bon roman. C’est dérisoire et pourtant je ne désire plus grand chose d’autre. Composer une ou deux chansons peut-être. Reprendre sur scène 30 seconds over Tokyo

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John Fante, Demande à la poussière

L’école question littérature, c’était l’ennemi. On nous donnait des livres à étudier, ces livres étaient morts, ils n’avaient rien à nous apprendre, ils n’avaient rien à voir avec nos vies. Je me suis cogné Madame Bovary en seconde et j’avais trouvé ça insupportable, poussiéreux. J’ai lu Madame Bovary à Pau, à 30 ans, j’étais pauvre et désespéré, isolé comme rarement, et le style m’a ébloui, je me suis enquillé tout Flaubert dans la foulée, admiratif. L’école était un obstacle. Une lecture scolaire ne pouvait pas avoir de sens. En seconde, je fantasmais sur ma prof de français pourtant. La quarantaine, brune, petite et enrobée. Elle aimait la littérature et à quinze ans je l’aimais aussi, j’aimais tout ce qui pouvait me faire oublier la vie, mais elle enseignait une littérature française devenue respectable et inoffensive parce que tombée dans les mains des enseignants. Toutes mes claques dans la gueule venaient d’ailleurs. Continuer la lecture de John Fante, Demande à la poussière

Arnaud Michniak, 2018, L’autre jeu

Il n’y est pour rien, tout est question de circonstances. Des vacances comme chaque printemps un peu vides sur la côte d’azur où je tourne en rond, entre jeux en ligne et l’entretien du jardin et le fils qui dort tard tous les matins, moi je ne peux pas, moi je suis crevé et me réveille à 7 heures sans pouvoir me rendormir alors je me traîne hors de la chambre puis toute la journée, enchaînant cigarette sur cigarette, un café après l’autre. Je suis en vacances alors je ne travaille pas. Ça m’occuperait mais je ne travaille pas. Continuer la lecture de Arnaud Michniak, 2018, L’autre jeu

une année pile

c’était hier je me rappelle, c’était il y a un an et il m’a fallu crever l’abcès, il m’a fallu lui avouer qu’elle m’obsédait, que je ne vivais plus que pour la voir, l’entendre, être prêt d’elle, je ne vivais plus que pour elle. je n’ai pas su lui dire. je n’ai pas su exprimer ce que je ressentais. ni pourquoi il était indispensable qu’elle devienne – si tel n’était pas déjà le cas – amoureuse de moi sinon c’était fichu, sinon vivre n’avait plus la moindre importance et je n’ai rien su dire, je n’ai pas su terminer la moindre phrase intelligible, sensée ou sensible. j’ai juste été capable de bredouiller qu’elle m’attirait. c’était ridicule. Continuer la lecture de une année pile